Quelles politiques cyclables dans la vallée ?

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A l'heure où l'on apprend par voie de presse que le chantier de la passerelle de Crest est au point mort, profitons-en pour évoquer les dernières évolutions en terme de politique cyclable dans la vallée.

A tout seigneur, tout honneur, la ville-centre de Crest. Plusieurs grands chantiers concernant la mobilité doivent être réalisés durant cette mandature, dont le plus important consiste à aménager la RD 93 dans son tronçon entre le cimetière et le pont Mistral. VdV a rencontré les élus en charge de ce dossier, et a pu évoquer avec le maître d’œuvre son point de vue sur la première tranche de ce chantier, qui concerne les parvis de la gare et du lycée Armorin. La position défendue par VdV est celle d'un aménagement de deux pistes cyclables, de chaque coté de la chaussée sur l'ensemble du projet. Cette option garantit une continuité avec les bandes cyclables de l'avenue Félix Rozier, et un minimum de conflits avec les autres usagers. Plus concrètement, la ville s'est aussi appliquée à mettre en place une fourrière à vélo pour répondre au manque de stationnement et à l'encombrement des arceaux en centre-ville. Le concept de rue scolaire, défendu par VdV et les représentants des parents d'élèves des écoles primaires, qui consiste à fermer temporairement les rues menant aux écoles à la circulation automobile, a été expérimenté dans les rues Chandeneux et Bermont. Une solution appréciée des parents d'élèves et des enfants qui sera reconduite jusqu'à la fin de l'année scolaire. Une avancée significative, quelque peu ternie cependant par la décision unilatérale de la mairie d'obliger les cyclistes à mettre pied à terre dans les rues concernées. Enfin, une communication dans la gazette municipale printanière, encourage les cyclistes à s’équiper en conséquence pour parer aux dangers sur la route, et leur rappelle les sanctions légales auxquelles ils peuvent être soumis. Autant d'initiatives portées par la mairie qui, si elles n'encouragent pas à la pratique du vélo dans les rues de Crest, renvoient la sécurité du cycliste à sa propre et unique responsabilité.

Les communautés de communes ont, quant à elles, adopté en mars un schéma directeur cyclable commun, allant de la ViaRhona, par Loriol et Livron, jusqu'à Saillans. Il consiste principalement à développer et améliorer la VéloDrôme, en sécurisant des jonctions et portions à risques, et à aménager et signaler de nouveaux parcours pour la relier aux vallées et communes adjacentes. Un programme assez vaste et ambitieux sur certains points qui implique tous les acteurs institutionnels et associatifs de la vallée, et qui va dans le sens d'un développement touristique et quotidien du vélo. Un rapprochement salutaire entre la CCCPS et l'IVDB, qui aurait put être encore mieux exploité avec la volonté des deux communautés de communes de devenir Autorité d'Orientation des Mobilités (AOM), comme le leur permettait la loi LOM (Loi Orientation Mobilités). Une compétence que la majorité municipale Crestoise refusera à la CCCPS, en contradiction avec la position et le vote de son élu adjoint à la mobilité, par ailleurs élu communautaire.

Le département, qui n'est pas en reste, publie ses nouvelles orientations de politique cyclable. Consciente du développement du vélo au quotidien, désormais plus connu sous le néologisme de vélotaf, sa présidente souhaite amplifier et modifier la politique cyclable déjà mise en place. Principale information à retenir, la remise en question des Bandes Multi-Fonctionelles (BMF) le long des routes départementales, qui ne devraient plus demeurer l'aménagement systématique qu'elles étaient. Selon le trafic, le département préconise de les modifier, ou d’aménager des bandes cyclables sur les nouveaux équipements. Autre axe envisagé, la collaboration avec les intercommunalités pour développer des schémas directeurs cyclables et des itinéraires d’intérêts communautaires autour des centres urbains et des pôles d'emplois. Les collèges, compétence départementale, devraient bénéficier, là encore en lien avec les intercommunalités, de plans mobilités privilégiant la prévention, le stationnement et des accès sécurisés dans un périmètre de 3 km autours des établissements.

De grands desseins qui, s'ils n'existent encore pour la plupart que sur le papier, démontrent la volonté et la prise de conscience des politiques envers l'évolution des pratiques et des besoins des cyclistes. Une prise de conscience salutaire et réaliste qui devrait permettre, avec la participation des usagers et des associations, de développer des alternatives modernes et durables à la mobilité.

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